Stéphanie Merzet, rare femme dans une rédaction sportive : « Je suis juste journaliste »

Stéphanie Merzet est journaliste sportive au sein de la rédaction des sports au journal La Montagne ainsi que pour le magazine Sports Auvergne à Clermont-Ferrand. Prédestinée pour ce métier, cette jeune femme de 38 ans a su s’imposer et se faire respecter dans ce monde masculin.

Pourquoi avoir choisi d’être journaliste sportive ?

J’ai toujours voulu être journaliste et je suis une grande passionnée de sport, j’ai réuni mes deux passions. J’ai fait un baccalauréat économique et social “option sport“, dix ans de basket, je suis fan de l’ASM grâce à mon père. Suite à mon master en management, je m’orientais plutôt vers le journalisme économique ou politique. Je ne pensais pas forcément me retrouver au service des sports. J’ai eu la chance de participer à la naissance du magazine Sports Auvergne, racheté par le groupe Centre-France en décembre. C’est un joli concours de circonstances, dont je suis fière aujourd’hui. Je suis également très impliquée dans l’Union des journalistes sportifs de France (UJSF) en tant que vice-présidente de la région Auvergne, notamment pour lutter contre l’opinion générale que “les femmes ne connaissent rien au sport“. C’est une science, si l’on s’y intéresse, on y arrive, c’est comme tout.

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Vous êtes une des rares femmes journalistes à la rédaction des sports à la locale de Clermont-Ferrand à La Montagne, comment le vivez-vous ? Êtes-vous considérée au même titre que les autres journalistes ?

Je suis la seule qui se rend sur le terrain mais il y a deux secrétaires de rédaction qui font un travail très important. J’ai eu quelques accrocs dans ma carrière, mais ce n’est pas ce que je retiens aujourd’hui. À La Montagne, où je travaille depuis cinq mois, personne ne m’a jamais fait sentir un quelconque manque de légitimité pour traiter des sujets. Je suis juste journaliste. Avec mes douze ans d’expérience et ma contribution à la création de Sports Auvergne, j’ai su me faire respecter.

Sur un plan éditorial, les hommes et les femmes ont des sensibilités, des envies et idées de sujets différentes. On parle de parité à l’Assemblée nationale mais ça devrait être le cas partout, pas par principe ou au nom de la discrimination positive, mais au nom de la complémentarité. Je suis persuadée qu’à terme, nous atteindrons la parité dans les rédactions. À la télévision, on en voit de plus en plus : Isabelle Ithurburu, Clémentine Sarlat, Mary Patrux… Elles ne font pas « pot de fleurs », loin de là, elles sont spécialistes dans leur domaine. Certes, elles sont jolies, ce qui n’enlèvent rien à leurs compétences, mais elles savent pertinemment de quoi elles parlent.

Êtes-vous spécialisée dans un domaine ? Avez-vous l’impression d’avoir des sujets moins importants ?

Mon premier papier pour La Montagne, en janvier 2018, c’était l’interview d’un joueur de l’ASM. Ça prouve que les journalistes et les rédacteurs en chef m’ont rapidement fait confiance. Ils ne se sont pas posé de questions. Je traite des sujets variés, aussi bien sur le rugby, le handball que le karaté. Je tiens à rester polyvalente.

Lorsqu’on est en tribune presse dans un stade, nous ne sommes pas nombreuses mais j’ai l’impression d’être un atout et d’apporter quelque chose de différent : une certaine douceur. Mes interlocuteurs apprécient avoir affaire à une femme, « ça change », m’a-t-on dit. Je rentre peut-être plus facilement en contact avec les personnes, c’est une qualité très féminine.

Pensez-vous avoir à prouver davantage de chose qu’un homme dans votre métier ?

Si on s’affirme, que l’on a confiance en soi, la personne en face ne se pose pas de question. Il faut donc être doublement sûre de soi. Dans ma carrière, j’ai dû manager une équipe de journalistes, qui avaient trente ans de métier pour certains, alors que je n’avais qu’une vingtaine d’années. Ça m’a appris à ne pas me laisser faire, à ne pas me laisser intimider. Mais je pense que ça ne s’applique pas qu’au métier de journaliste, c’est valable dans tous les domaines, une femme doit se battre pour réussir.

Julia Castaing

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