Comment on fait (pas) les bébés ? Enquête auprès de 3.326 femmes

Si la pilule est apparue dans les années 60 comme une révolution sexuelle, aujourd’hui, elle est critiquée pour ses effets secondaires. Les femmes se tournent de plus en plus vers d’autres moyens de contraception.

« Depuis que j’ai arrêté la pilule, c’est la renaissance. Pour rien au monde je ne la reprendrai », explique Louise*, 24 ans. Elle a choisi de passer au dispositif intra-utérin (DIU au cuivre). Elle avait commencé à prendre une pilule contraceptive anti acnéique à 17 ans (Diane 35), qui lui convenait les première années. Avant de ressentir de violents effets indésirables.

« Je me souviens de moments impulsifs où je pouvais péter un câble pour rien. Je n’étais pas très bien dans ma tête mais je ne devinais pas du tout que ça pouvait venir de la pilule ».

Lors du scandale sur les pilules de troisième génération, elle a dû changer trois fois (Leeloo, Ludéal Gé, Diane). Aucune ne lui convenait. Et le phénomène a empiré.

« J’avais ce mal-être intérieur assez inexplicable, des phases où je devenais complètement lunatique et désagréable. Ça me rendait malade, j’avais des réactions totalement excessives, des crises d’angoisse. » Bien qu’elle en ait parlé au corps médical, c’est auprès de ses amies qu’Estelle a pris conscience de l’origine de ses problèmes. Elle a changé de mode contraceptif et s’est orientée vers le stérilet au cuivre il y a maintenant un mois. Depuis, ses problèmes d’humeur ont disparu.

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Etude contrecaeption OK

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Effets indésirables

Outre la prise de poids, la baisse de la libido ou encore les sauts d’humeur, effets secondaires indésirables assez répandus, la pilule peut provoquer ou aggraver certains symptômes allant jusqu’à la phlébite, la thrombose ou encore l’accident circulaire cérébral.

Camille*, 22 ans, avait des mycoses à répétition. « Je n’osais pas en parler car il y a une certaine chape de plomb sur ces problèmes. Avant d’être personnellement concernée, je pensais que c’était soit une maladie sexuelle transmissible, soit un manque d’hygiène », raconte-t-elle. Après plusieurs changements de gynécologues, de pilules et de traitements, le problème n’évoluait pas. La jeune femme a choisi de n’utiliser plus que des préservatifs masculins car les hormones ne lui convenaient plus. Le stérilet au cuivre ? « Ça me fait un peu flipper, ça fait très mal et certaines de mes copines ont eu des complications. »

Eva*, 24 ans, a pris la pilule seulement quatre mois, « pour faire plaisir à [ son ] copain » et l’a arrêté immédiatement. « Je trouvais ça extrêmement contraignant. Aujourd’hui, j’utilise seulement des préservatifs car aucun moyen de contraception ne me convient parfaitement, même si ce n’est pas 100% fiable et donc un peu stressant. »

Stérilet : une question de générations ?

Même si le stérilet tend à se populariser auprès des jeunes femmes nullipares, il n’est pas la première méthode de contraception proposée par les gynécologues. La pilule reste la première solution conseillée aux jeunes femmes.

Marie-Elisabeth Sanselme, gynécologue-obstétricien à Clermont-Ferrand, voit sa jeune patientèle se tourner de plus en plus vers de nouvelles méthodes : implants, DUI hormonal, mais surtout vers le DIU au cuivre. Environ 80% de sa patientèle nullipare prend la pilule aujourd’hui contre 98% il y a dix ans. Chez les patientes qui ont déjà eu un enfant, 70 à 80% ont recourt au stérilet.

« Tout dépend de l’âge de la patiente. Si elle est très jeune et me consulte pour sa première contraception, je vais plutôt la diriger vers la pilule si elle n’a pas de contre-indications particulières. Ensuite, je vais lui parler du stérilet et en dernier recours de l’implant. »

Installée depuis 1985, cette gynécologue est favorable aux dispositifs intra-utérin. « On ne peut pas proposer le stérilet à une personne vierge car la pose nécessite une intervention avec un spéculum. Pour les nullipares, aujourd’hui, le recours au stérilet est tout à fait possible car le dispositif a évolué, il existe deux tailles. »

D’autres médecins sont plutôt de la « vieille école », et déconseillent cette méthode de contraception aux femmes sans enfant pour les risques de salpingite ou de péritonite (infection des trompes) pouvant rendre une femme stérile.

La gynécologue Christiane Robert, qui exerce également à Clermont-Ferrand, conseille d’abord la pilule ou l’implant pour les femmes qui n’ont pas de contre-indications particulières. Le stérilet intervient en dernier recours pour les femmes qui refusent de prendre des hormones ou d’avoir un corps étranger. « J’essaye de les convaincre, et de leur exposer les risques d’infections. Vaut-il mieux risquer une infection ou bouffer un cachet par jour pendant trente ans ? »

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*les prénoms ont été changés.

Julia Castaing

4 commentaires sur “Comment on fait (pas) les bébés ? Enquête auprès de 3.326 femmes

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  1. J’ai fait une thrombose veineuse cérébrale à cause de la pilule. Depuis l’arrêt de la pilule je me rend compte qu’il n’est pas si compliqué qu’avoir une contraception bien plus naturelle sans hormones 😉
    La liberté !
    À bientôt,
    Cindy

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